ADJUGE 14 950 € FRAIS COMPRIS TAPISSERIE en laine et soie de la tenture de l’Histoire d’Henry Troisième représentant le duc d’Anjou devant le siège vraisemblablement de Châtellerault.
TAPISSERIE en laine et soie de la tenture de l’Histoire d’Henry Troisième représentant le duc d’Anjou devant le siège vraisemblablement de Châtellerault. Monté sur un cheval au passage harnaché d’or, le futur Henri III est vêtu d’une armure complète et coiffé d’un armet à plumes bleues et blanches ; ceint de l’écharpe de commandement, il tient son épée de la main de droite ; à l’arrière-plan, les troupes catholiques montent à l’assaut des fortifications défendues par les Huguenots. Inscription sur la sangle du poitrail de l’équidé M. LE DVC DANJOV. Aquitaine, atelier de Claude de Lapierre au château de Cadillac, 1632-1637 Hauteur : 294 cm Largeur : 203 cm Provenance : achetée à la Galerie Bresset en 1985 (quelques restaurations, fragment ?, doublée) Commandée par Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d’Epernon (1554-1642), la tenture de l’Histoire d’Henry Troisième a été tissée entre 1632 et 1637 dans un atelier éphémère installé au château de Cadillac (Gironde), plus de quarante ans après la mort du roi. Favori du dernier des Valois, le duc souhaitait ainsi se glorifier à travers des épisodes marquants de la vie de son protecteur, principalement des batailles auxquelles lui-même et son père avaient parfois pris part. Pour ce projet, il engage le lissier Claude de La Pierre, qui possède dès 1627 deux métiers au faubourg Saint-Marcel à Paris. Commencé à Paris en 1632, le tissage de la tenture est poursuivi à Cadillac dès l’année suivante, lorsque La Pierre s’y installe avec huit ouvriers. Achevée en 1637, la tenture comprend vingt-deux pièces répertoriées. Pourtant, en 1676, c’est un ensemble de vingt-neuf pièces que Louis XIV acquiert auprès des héritiers du duc lors d’une vente à l’hôtel d’Epernon. La tenture entre au Mobilier de la Couronne sous le numéro 111 des tentures sans or le 30 juillet 1677 (AN, O1 3305, f. 38v) et s’y trouve encore en 1789, 1790 et 1792 d’après les inventaires (respectivement AN O/1/3502, 3505 & 3357). Elle est ensuite dispersée au cours de la série de ventes révolutionnaires, seules deux tapisseries étaient connues jusqu’à maintenant : La Bataille de Jarnac, conservée au musée du Louvre (OA 7505), illustrant la victoire du futur Henri III sur les Huguenots en 1569 et Le Siège de La Rochelle en 1573, conservée au château de Cadillac. La première, seule pièce complète qui nous soit parvenue, arbore les armes du duc d’Epernon et de son épouse Marguerite de Foix-Candale, tandis que sa lisière porte le monogramme du lissier « DLP » (De La Pierre). Le cartonnier reste inconnu, mais les sources iconographiques sont hétérogènes : La Bataille de Jarnac combine ainsi une estampe de Tortorel et Perrissin pour sa partie droite et des gravures d’Antonio Tempesta de 1613, sans lien direct avec l’événement, pour la partie gauche, formant néanmoins un ensemble cohérent. L’inventaire de 1789 (AN O/1/3502) donne une liste des tapisseries formant cette tenture. Puisque le présent fragment désigne le cavalier comme le duc d’Anjou et non le roi, l’événement représenté est nécessairement le siège d’une ville ayant eu lieu avant l’accession d’Henri III au trône en 1574. En recoupant ces informations, il semble qu’il s’agit ici de la pièce 14 : Siège de Châtellerault par le duc d'Anjou en 1569. Cette tapisserie, parvenue jusqu’à nous dans un état remarquable, est une véritable découverte, constituant ainsi la troisième pièce, jusqu’ici inédite, de la fameuse tenture de l’Histoire d’Henry Troisième.
Ouvrages consultés : - C. Braquehaye, Les artistes du duc d'Epernon, Bordeaux, 1888, p. 102-114 - B.-H. Papounaud, sous la dir. de, La tapisserie française : du Moyen Age à nos jours, Paris, 2017, p. 138-139 - P.-G. Girault et M. Mercier, sous la dir. de, Fêtes & crimes à la Renaissance : la cour d'Henri III, cat. expo., Blois, 2010, p. 110-111 - M. Aubert, « Une pièce de « l’Histoire de Henry Troisième » (1632-1637) », dans Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Paris, 1922, p. 55-56 - J. Vittet, « Les tapisseries de la Couronne à l’époque de Louis XIV. Du nouveau sur les achats effectués sous Colbert », dans Versalia. Revue de la Société des Amis de Versailles, n°10, 2007, p. 186-187 - M. Fenaille, Etat général des tapisseries de la manufacture des Gobelins depuis son origine jusqu'à nos jours, 1600-1900, vol. I, Paris, 1903, p. 257-261.
Expert Laurence Fligny Provenance Galerie Bresset 1985 130000 francs
Provenance : Château du Haut-Var - Ancienne Collection Jacqueline Soulard